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26 FEVRIER 2012
FOOTBALL
SNOWBOARD
SKI ALPIN
Desamorcer Messi
I-Pod fait
Couche-tard et costaud
Le genie n'a pas de limites,
vibrer le monde
Les entraineurs menent une vie
mais a-t-il des failles?
PAGE 53
entier PAGES 56 et 57
itinerante, dure et festive
PAGE 61
DR
Unjour,j'aidemonte
les portes d'un placard; avec
les charnieres et du fil de fer, je me
suis fabrique des fixations

EMILE ALLAIS
Ancien pionnier du ski alpin, 100 ans, dans L'Equipe Magazine
FOOTBALL Les geants de l'economie romande boudent les clubs
RE
PLAY
Pourquoi notre football
CHRISTIAN
DESPONT
Redacteur
en chef adjoint
rebute les notables
Pas preneur
La question revient souvent dans les
Alors que le FC Bale conquiert
stades, aux heures buvables, avec plus
l'Europe floque du soutien
ou moins de vigueur: pourquoi Ernesto
de Novartis, les clubs romands
Bertarelli n'abandonne-t-il pas quel-
ques millions a un club de la region,
peinent depuis deux decennies
dans un geste magnanime ou, meme,
a seduire leurs fortunes locales.
interesse? Pourquoi les pontes de notre
Enquete sur une mefiance
economie, a concilier l'ancrage regio-
devenue desamour.
nal et la surface financiere, sont-ils si
timides a embrasser une cause que des
Mathieu Aeschmann
Iraniens, des Tchetchenes ou des Fran-
[email protected]
cais epousent sans hesiter?
Reprendre un club romand participe
En football comme en politique, il est
precisement d'un attrait irresistible.
aise de stigmatiser l'etranger qui ac-
Un seul: l'amour du foot. Celui des fol-
F
cepte un travail abandonne par les
les imprudences et des aventures sans
forces locales. Kadji, Kita, Roger ou
SUIVEZ
lendemain. Celui qui fait perdre la tete
Chagaev ont tous sombre a la barre
TOUTE
et des millions.
L'ACTUALITE
d'un club romand. Par incompetence,
SUR
NOTRE
megalomanie ou malhonnetete. Or, si
SITE...
I
chaque naufrage fut different, la no-
Dans la duree,
mination du capitaine intervint selon
reprendre un club
le meme rituel. Par defaut et en de-
sespoir de cause.
ne rend ni populaire,
Jadis porte vers les sommets par
ni honorable,
des entrepreneurs passionnes, notre
football d'elite a fait sa revolution
ni meilleur. Ni riche
globalisee dans l'indifference des for-
ces economiques de sa region. Com-
ment expliquer la mefiance des gran-
Passe le stade premier de l'exalta-
des fortunes pour la bagatelle la plus
tion, les raisons de s'engager devien-
importante du monde? Quels cri-
nent trompeuses. Le ravissement de
mes ont donc commis les clubs pour
l'ego, au gre des complications, cede au
sembler si impropres aux capitaux de
discernement du cerveau. La quete de
leur terroir? Elements de reponse en
notoriete, en vue d'une election ou
trois points, a travers trois espaces
d'une affaire (acheter une bijouterie,
geographiques et sur trois pages.
construire un tunnel), ne survit pas a la
premiere serie de defaites, quand la
www.lematin.ch
Une odeur de soufre
respectabilite du repreneur est hous-
I
J'ai le sentiment que, lorsqu'on
pillee par des calicots injurieux.
met un pied dans le football, on peut
Un tournant: Jean-Francois Kurz (a dr.) cede Lausanne au Franco-Polonais Waldemar Kita.
Keystone/Regina Kuehne
Dans la duree, reprendre un club ne
vite tomber dans un trou sans fond,
rend ni populaire, ni honorable, ni
confie sans fard Patrick Delarive. La
Apres l'obstacle moral vient l'im-
son image, la BCF est presque tenue
meilleur. Ni riche: bon an mal an, tous
formule parle de defiance, de rejet
passe economique. Les secteurs de
de s'investir.
les clubs presentent des exercices defi-

presque. Est-ce pour cela que son
pointe a Geneve sont tous tournes
Cet exemple de reussite sur glace,
citaires, que des mecenes viennent
Lier son
contemporain de fortune, Ernesto
vers le marche etranger, rappelle Ste-
pas loin d'etre egale a Geneve malgre
equilibrer - ou plus. Et, tandis que le
nom ou celui
Bertarelli, a prefere garder le silence
phane Barbier-Mueller. Quel interet
une reconstruction recente, place le
repreneur pourvoit aux besoins, la vox
sur le sujet? Peut-etre. Comme si ce
ont ces societes a soutenir un club qui
football devant ses contradictions.
populi reclame des renforts.
de sa societe
produit football etait devenu im-
n'est visible que sur le plan natio-
Car est-ce une economie romande
Dans les annees 80, ces mecenes
au destin d'un
propre et incontrolable pour qui-
nal? Evidente a Geneve, l'impasse
trop exigeante ou elitiste qui ne veut
etaient nombreux. Ils etaient actifs
conque a cultive avec brio une image
reste valable pour l'ensemble de l'arc
plus investir dans le sport populaire
dans le secteur de la construction, pi-
club de foot est
de reussite.
lemanique. Comment une economie
par excellence? Ou est-ce le football
lier de notre economie. Ils avaient pour
une demarche
Lier son nom ou celui de sa societe
d'exportation peut-elle esperer atti-
d'elite qui a perdu contact avec son
nom Lavizarri (Servette), Suri (Lau-
au destin d'un club de foot est une de-
rer des clients avec l'aide d'une Super
tissu social?
sanne), Facchinetti (Neuchatel). Ils
risquee
marche risquee, confie Blaise Mat-
League qui - hormis le FC Bale - n'a
Je ne vois pas en quoi le football
etaient issus d'une culture latine qui,
BLAISE MATTHEY
they, directeur de la Federation des
Directeur de la Federation romande
pas les moyens de s'exporter?
d'elite actuel est un sport populaire,
historiquement, a un autre rapport au
entreprises romandes. Il y regne une
des entreprises
Restent
quelques
exceptions
retorque Blaise Matthey. Les joueurs
sport d'elite, aux passions et aux admi-
odeur de soufre qui empeche une to-
comme les geants de la distribution
sont grassement payes, les jeunes
rations deraisonnables. Aujourd'hui,
tale maitrise de son image. De Neu-
ou les banques de reseau, capables de
formes au club n'ont que rarement
seul Christian Constantin assume
chatel a Geneve, tous les milieux eco-
federer dans leur sillage un tissu de
leur place et, enfin, de nombreux in-
cette fonction patriarcale en Valais.
nomiques interroges pointent du
PME attirees par une visibilite locale.
termediaires du milieu semblent cou-
Il est bien sur regrettable que les ri-
doigt un fosse ethique. Une opa-
En ce sens, le modele du hockey a
pes de la realite. En termes d'image,
ches de ce pays ne soient pas plus
cite propre au milieu et a ses nom-
Fribourg est un exemple, concede
ces structures d'elite ne refletent pas
amoureux. Mais l'amour ne se com-
breux intermediaires qui oblige l'in-
Blaise Matthey. Mais la ferveur
l'image du football dans la cite. x
mande pas. Et certains clubs, a s'aco-
vestisseur a tolerer un deficit de
autour de l'equipe renverse presque le
quiner avec le premier venu, ont perdu
transparence.
rapport de force. Car, afin de soigner
SUITE EN PAGES 50-51
tout pouvoir de seduction. x
Controle qualite